Archive pour la catégorie ‘décroissance,dvpt durable, simplicité volontaire’

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Lundi 10 mai 2010

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Slowlife,Ecologie,Nouvelles valeurs,Décroissance…d’un magazine à l’autre…

Dimanche 7 février 2010

p1010414-450_350.JPGDu Courrier international à Psychologies magazine ces grands titres sont à la mode.

Sauf erreur le deuxième fait intervenir Pierre Rabbi et dans son numéro  suivant un quatre pajes de pub pour mac Do?

Vous me direz incohérences et non; on est dans le virage et nous emmenons avec nous l’ancienne culture pour ne pas

trop nous sentir démunis d’un coup… 

 Pierre Rabbi conseille une fois revenus de nos lectures à notre quotidien :

“Réconciliez- vous  avec les gens que vous aimez

Dissipez tout ce qui vous est toxique, tout ce qui crée du mal être

et de la souffrance mutuelle . C’est là que ce trouve le fondement

de l’humanisme que vous souhaitez.

La nécessité aujourd’hui est de trouver par où engager un vrai changement.

Je suis convaincu que l’urgence d’agir d’abord en nous mêmes, de revenir à une introspection

profonde pour nous situer par rapport au cours du monde.

C’est pourquoi j’entretien une indignation permanente.

Je ne veux pas rentrer dans la colère.

Je crois plutôt en une indignation à partir de laquelle

il est possible de construire le monde dans lequel

nous voulons vivre.”

 Pierre Rabhi in psychologies magazinen°291

Le syndrome du Titanic

Dimanche 18 octobre 2009

Ce film est le résumé de la prise de conscience attendu que l’humain n’est pas une marchandise et que la planète n’est pas une chose que l’on exploite sans fin. J’ai été touchée en plein coeur par ce film qui malgré ses relents apocalyptiques me pousse à croire que nous allons réagir ensemble.Gardons nous du désespoir et d’une vision excluant les responsables qui pourraient aussi évoluer. Prenons juste le temps du recul et du que puis-je faire ici maintenant?

Je m’engage dans mon travail social  à alerter ma hierarchie sur les dérives productivistes de nos engagements et à privilégier les gens plus que les chiffres.

Je m’engage à n’utiliser mon véhicule seule que si je ne peux co-voiturer ou à privilègier les transports en commun ou mes jambes

Je m’engage dans la simplicité volontaire et le partage pour concrétement passer à d’autres paradigmes qu’ économique et à collaborer avec d’autre dans ce sens.

Dans mes activités associatives je m’engage à n’exclure personne faute de moyen et à rejoindre les plus en difficultés par un jumelage avec un village d’Afrique.

Je m’engage chaque jour à méditer en silence pour tenir ces engagements en mon âme et conscience.

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Coline Serreau: une suite à la Belle Verte

Dimanche 4 octobre 2009

La colère féministe de coline serreau

« Un seul mot résume la destruction de la terre et de l’humanité : matricide ! L’humus est la matrice du monde : pour guérir, cessons d’écraser le féminin ! » Ainsi parle Coline Serreau, la réalisatrice de “3 hommes et un couffin” et de “La belle Verte”…

Voilà plusieurs années que Coline Serreau, dont nous avons raffolé des fictions ébouriffées et utopistes - La belle Verte, La Crise, Saint Jacques… La Mecque -, interroge et filme très sérieusement toutes sortes d’acteurs de la mouvance des « nouveaux rebelles de l’humus », de Pierre Rabhi à Nicolas Hulot, de l’Indienne Vandana Shiva au Marocain Hassan Zaoual, des savant libertaires aux paysans sans terre. On les verra à l’écran, au printemps 2010, avec des dizaines d’autres, dans une série de six documentaires-manifestes : La Terre vue de la terre - Solutions locales pour un désordre global. Après avoir bourlingué en France, au Maroc, en Inde, au Brésil, en Ukraine, Coline Serreau se trouve en plein dérushage de ses cent cinquante heures de tournage, quand nous allons lui demander en quoi elle croit, au fond. Un discours féministe comme nous n’en avions plus entendu depuis longtemps, et qui décoiffe.

La lutte pour la libération des femmes n’est pas achevée

Nouvelles Clés : Monter six films d’une heure et demi sur les dizaines d’heures que vous avez tournées ne doit pas être évident. Quels sont vos critères, pour trier le meilleur ?

Coline Serreau : Aujourd’hui, toute la journée, j’ai décrypté ma longue interview de la philosophe Antoinette Fouque, figure mythique du MLF et fondatrice de la Librairie des Femmes. J’adhère entièrement à ce qu’elle dit sur le meurtre du vivant. La terre et l’utérus, c’est le même mot. Mater, matière, utérus, terre, tout ça a la même racine. L’humus, l’humanisme, l’humilité, voilà mes critères. Les progressistes, dont je me suis longtemps sentie proche, n’ont jamais voulu voir le fond du problème : la relation entre la terre et l’utérus. Aujourd’hui, si les écologistes ne comprennent pas que l’urgence n°1 est l’arrêt du matricide, ils échoueront comme les autres. J’apprécie énormément des hommes comme Pierre Rabhi - il a été le déclencheur de toute ma démarche depuis trois ou quatre ans. J’estime qu’ils ont fait la moitié du chemin. L’autre moitié reste à franchir. Or, elle est tabou. Ce que nous appelons « civilisation » repose intégralement sur l’écrasement de la puissance créatrice des mères, de la matrice. Si nous ne remontons pas jusque-là, nous ne réparerons rien. Le ventre et le sexe des femmes, autrement dit le lieu d’où sort le vivant n’est pas respecté. Il est considéré comme « rien », et non comme une entité intelligente, qui pense. Sa fonction est vitale, mais elle est évacuée de tout respect, de tout comptage, elle n’existe pas dans l’ordre de ce que les humains appellent « création ». Si vous acceptez ce meurtre et sa symbolique, tous les crimes deviennent possibles. Car alors, la terre aussi cesse d’être sacrée, vénéré, nourrie, soignée pour produire du bon, du beau, du vivant. Elle devient comme du pétrole, un substrat qu’on pompe et exploite, pour en tirer du plastique, en oubliant l’essentiel. La richesse, c’est d’abord la terre. Mais personne ne veut le voir et le génocide se perpétue, là, sous nos yeux.

N.C. : Génocide ! Le mot est un peu fort… Lire le reste de cet article »

Vivre ou survivre après la société de consommation en 2050

Lundi 21 septembre 2009

Des étudiants d’HEC ont présenté leur étude prospective avec 4 scénarios possibles d’évolution:

1) Un monde sous perfusion

l’individualisme poussé à son paroxisme, le show permanents du tout consommé, du tout technique sans âme.

ex: à la terrasse d’un café consommer un doliprane fraise????

2) Un monde au pied des murs

des cathastrophes économiques et climatiques pousseront certains à s’enfermer dans des ghéttos de riches tandisque la violence régnera au dehors du fait de la pénurie de ressource? consomé dans l’instant pour ceux du dedans ou le marché des pauvres au dehors dans la violence.

3) Label vie

le renforcement du lien social au local et la diffusion des informations par les réseaux, des prises de conscience, des échanges, changement de mentalités. La mutualisation des moyens locaux pour répondre aux besoins de tous. La société des connaissances. La convivialité sobre et heureuse. La crtitique comme garant des progrés de cette société.

4) Le Goulag vert

La dictature écologique: modèle européen autocratique, montrer la voie de la sagesse au monde, diminution des libertés, contrôle, démographie maitrisée, collectivisme, la décroissance d’Etat.

 

Il semble qu’en 2050 il y aura un peu de ces 4 scénarios et que déjà les experts observent des signaux faibles de monter de ces évolutions possibles.

Je penche évidement pour label vie auquel j’essaie de contribuer dans ma ville avec le partage et les échanges de savoirs. 

Le trou d’air du Président S

Mercredi 29 juillet 2009

Cher Président,

Permettez-moi autant de proximité pour commenter votre mal-aise de dimanche: j’étais inquiète car j’ai du respect pour votre fonction que vous assumez avec vos talents même si je me suis déjà surprise à penser que vous pourriez exploser en plein vol tellement vous êtes actifs.

Je vous parle à cœur ouvert car je suis comme vous souvent une hyper-active, qui ne délègue pas, occupe le devant de la scène: pour me prouver quoi que j’existe, pincez-moi? oui je suis vivante.

Mon cheminement m’a conduite sur des sentiers que j’explore seule:ralentir c’est à dire travailler moins  pour prendre du temps pour moi = pratiquer le qi-gong, prendre un bain aux huiles essentielles, méditer, marcher en silence dans la nature, me connecter à moi même  par l’inspire et l’expire calmement.

Simplifier ma vie: ne pas racheter de déco alors que je viens de déménager, envisager un salaire à temps partiel pour gôuter à l’essentiel , réflèchir chaque jour à ce qui m’est nécessaire et superficiel.

Coopérer: monter des projets d’avenir mais pas seule car la richesse de la communauté d’idées et d’actions me semble aussi l’avenir pour notre pays et la planète qui souffre de nos égo-ismes.

Vous avez été le temps d’un instant un Président affaibli?  La faiblesse est une chance, elle remet en question les conditionnements de nos vies.

Lorsque la vie m’arrête ainsi je cherche au fond de moi ce qui n’est pas ajusté à mes valeurs, à mon élan de vie et je rectifie? 

La crise est là et s’installle , êtes-vous en phase avec la mutation profonde qui s’opère dans les consciences?

Je vous propose ce que nous essayons de vivre: Connecting People, Girl Power and Love Power et un petit coup d’oeil sur qui sont les créatifs culturels.

Respect et secret d’état: je suis comme vous et citoyenne de la Terre ?

L’Amap des 2 Chênes

Lundi 11 mai 2009

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Je commence ma deuxième saison en tant qu’amapienne et je voudrais vous témoigner de la différence du gôut et de l’achat.

Pour le gôut il n’y a pas photo: la salade a un gôut de salade et non de caoutchout, et tous a un profond relant de vrai: odeurs et saveurs.

Pour l’achat, c’est plus convivial que la caisse du supermarché ou de la superette bio du quartier, même si notre jeune paysan est souvent à la boure…

Je ne suis pas encore locavor mais cela me tenterais bien : manger local ou au moins régional.

Definition tiré d’ekopédia.org:

C’est une association pour le maintien de l’agriculture paysanne. Cela consiste en un partenariat entre une ferme locale et un groupe de personnes qui désire consommer autrement et soutenir une agriculture de proximité, socialement équitable et écologiquement saine, dans un esprit de coopération. L’AMAP est basée sur un système de distribution de « paniers » composés des produits de la ferme biologique.

C’est un contrat solidaire, élaboré en commun par ce groupe et le maraîcher. Il définit l’engagement financier des consommateurs, qui payent à l’avance une part de la production sur une période définie par le type de production et le lieu géographique.

Ce système fonctionne donc sur le principe de la responsabilisation du consommateur et de la confiance.


Ce qui distingue les AMAP d’autres formules de “panier bio” ou “panier paysan”, c’est le respect des 6 engagements suivants :

  • Côté consommateur
    • l’engagement financier à travers l’achat à l’avance d’une partie de la récolte sur une période donnée,
    • l’engagement économique et moral à travers la solidarité avec l’agriculteur dans les aléas de la production,
    • l’engagement associatif par leur participation à la vie de la structure.
  • Côté producteur
    • l’engagement technique et économique de fournir des produits de qualité,
    • l’engagement associatif de s’investir dans la vie du groupe (rôle pédagogique, animation, information…),
    • l’engagement d’assurer une transparence sur la vie de leur exploitation (situation économique, origine des produits, méthodes de production).


De par ces engagements réciproques, chaque AMAP offre de nombreux avantages.

Une alimentation saine et un environnement préservé : les produits sont frais, de saison, diversifiés (notamment avec remise au goût du jour des variétés anciennes et de terroir), cultivés sans produits chimiques de synthèse, et disponibles à mesure qu’ils mûrissent. La proximité de la ferme (au maximum 100 km) minimise les transports et l’usage d’emballage.

Une économie locale performante, sociale et solidaire : les consommateurs partagent avec le producteur les risques et les bénéfices naturels liés à l’activité agricole. La totalité de la production est valorisée (notamment, pas de calibrage ou de normes esthétiques). Le prix de la souscription est fixée en fonction des coûts réels de production et non pas des cours du marché, conjointement et en toute transparence par le producteur et les consommateurs. L’achat à l’avance garantit un revenu stable à l’agriculteur et lui permet d’obtenir ses fournitures sans s’endetter. Les AMAP permettent ainsi le maintien de l’emploi agricole, de même que l’installation de jeunes agriculteurs à moindre coût et facilitent le passage de modes de production conventionnels à des modes de production agro-écologiques, tout ceci en étant indépendant des contraintes des circuits de la grande distribution. Pour les consommateurs en difficultés, des aménagements financiers peuvent être étudiés au cas par cas.

Du lien social, de l’éducation au goût et à l’environnement : l’agriculteur est présent à chaque partage de récolte pour nous faire découvrir ses produits et son métier. Des animations sont également organisées sur la ferme ; certaines AMAP mettent en place des ateliers cuisine ou des jardins d’enfants sur un bout de terrain mis à disposition par leur “fermier de famille”. Ces liens qui se créent avec la ferme établissent une relation de confiance.

La crise une analyse spirituelle

Vendredi 8 mai 2009

Apprendre à partager: www.le-ris.org

extrait:

Il allait de soi que notre premier entretien ait lieu avec Bernard Montaud, fondateur du R.I.S. (Réseau d’Initiatives Solidaires).

Bernard Montaud a créé en 1983 la Psychanalyse Corporelle, une technique d’investigation du passé qui l’a conduit à re-comprendre l’intériorité humaine et à en codifier le fonctionnement. Ainsi la Psychologie Nucléaire a-t-elle vu le jour. Dans le même temps, il a fondé l’association Art’As qui deviendra une véritable école de la vie intérieure, et qu’il donnera à ses plus proches collaborateurs en 1997.

En 1985, la rencontre avec son grand amour spirituel -Gitta Mallasz, scribe des Dialogues avec l’ange- constitue un tournant décisif dans son existence. Bernard Montaud et son épouse vivront les cinq dernières années de sa vie auprès d’elle. Devenu héritier de son enseignement, il n’aura de cesse de le mettre en pratique dans l’ordinaire et de le prolonger.  

Toujours avide d’aimer et de servir mieux, il fonde dans les années 90 Médecine des actes, un nouvel Accompagnement des naissants ainsi qu’un nouvel Accompagnement des mourants. En 2003, l’association humanitaire Réflexe-Partage voit le jour : elle a pour but de susciter une attitude de partage durable, où chacun donne à sa mesure et sans urgence ce qu’il a en trop à ceux qui n’ont pas assez. 

Auteur de nombreux ouvrages, Bernard Montaud se consacre aujourd’hui à l’écriture, développant toujours davantage sa connaissance de la vie intérieure. Mais aussi, quinze jours par mois, au Centre des Amis de Gitta Mallasz, il est présent à 18h00 pour répondre à tous ceux qui veulent le rencontrer, à tous ceux qui ont besoin d’aller vers un Meilleur d’eux-mêmes


D.H. : Nous entrons dans une crise économique qui touche particulièrement les pays occidentaux. D’après les informations, cette crise est passagère. Vous, au contraire, semblez percevoir une crise beaucoup plus durable. Quelles sont les indications qui vous font penser qu’elle va durer et qu’elle est une mutation pour l’homme d’aujourd’hui ?

B.M. : Effectivement, c’est une erreur de la présenter comme une crise passagère. Une lente mutation va s’installer peu à peu, avec comme toujours dans ce cas-là des périodes de bouleversements plus ou moins importants. Ce qui me permet de penser que cette crise est durable, c’est que le monde du travail et la manière de le penser en Occident ne pourront plus fonctionner sur les bases actuelles. Le travail va changer de continent. Déjà on  observe, avec les délocalisations, combien les entreprises sont parties un peu partout, vers des pays où le travail est moins cher. Mais je crois aussi que c’est une évolution pour nos sociétés que de ne plus pouvoir occuper par le seul métier tout le temps qui s’écoule entre la fin des études et la retraite. Il serait donc assez naturel qu’une activité humanitaire ou une activité de Service remplisse peu à peu la moitié de la vie active.

 

D.H. : Vous croyez que le monde occidental est prêt pour ça ?

B.M. : Non, pas du tout ! Il faudra du courage politique et, comme toujours, le courage politique sera suscité par les circonstances sociales, historiques et économiques. Quand la société politique et économique ne pourra plus fournir du travail, elle inventera des processus d’entraide, des processus humanitaires, des processus de services à rendre aux autres, qui seront le pressentiment de la Tâche (1). Je le répète : ce qui arrive aujourd’hui n’est pas passager. Il serait mensonger de promettre aux gens qu’ils vont retrouver un plein emploi dans les vingt ou trente années qui viennent. Je ne le crois pas du tout. Nous allons vers une grande mutation du concept du travail dans la vie active.

 

D.H. : Pouvez-vous nous donner le goût de cette crise que vous annoncez ? Quelles images vous apparaissent spontanément lorsque vous y pensez ?

B.M. Je n’aime pas le mot « crise », parce que pour moi il s’agit d’un réajustement historique. Je crois que l’Occident a poussé le développement de l’ego -c’est-à-dire du « à moi »- à son maximum possible. D’un côté cela s’inscrivait dans une juste évolution que d’avoir pu posséder à ce point, mais d’un autre côté c’est aujourd’hui éminemment suspect que nous soyons 20% à tout avoir et 80% à n’avoir rien du tout. Ce n’est pas une raison pour  dénigrer l’Occident, car cette espèce de chambre d’enfants gâtés que nous avons tous dans nos maisons -où nous avons tout ce dont nous avons besoin, et beaucoup trop- nous a conduits à avoir des états d’âme rarissimes : il fallait, en effet, connaître cette situation d’enfants gâtés pour avoir les états d’âme et les questions fondamentales qui sont les nôtres aujourd’hui.  Mais quand même, notre richesse est trop riche, et encerclée par trop de misère.  Je dirais donc qu’il ne s’agit pas d’une crise, mais d’un réajustement historique de la valeur des choses.

À travers cette crise, grâce à cette crise, dans les cent ans qui viennent on va voir réapparaître la juste valeur de beaucoup de choses : de nos déplacements, de l’utilisation de nos matières premières (pour lesquelles d’ailleurs on ne paie pas du tout assez cher), de certains produits de consommation habituels dont on ne perçoit plus aujourd’hui la vraie valeur. Cette crise va nous faire ré-envisager nos comportements occidentaux d’une manière un peu plus juste par rapport à la misère mondiale.

 

D.H. : Mais vous soulignez l’importance de l’estime de soi. Je pense, en particulier, aux jeunes. Comment vont-ils pouvoir se construire s’il leur est impossible de réaliser leurs rêves matériels ? Qu’est-ce qui va pouvoir alimenter leur estime d’eux-mêmes ?

B.M. : Je crois que, peu à peu, les modèles sociaux vont évoluer. S’il est évident que l’estime de soi se construit grâce aux trois réussites de l’ego -la réussite familiale et amoureuse, la réussite sociale et la réussite professionnelle et financière- je pense qu’à partir du moment où l’un des vecteurs de ces trois réussites va commencer à flancher, de nouveaux modèles sociaux vont apparaître : en particulier le fait d’aider les autres donnera une autre estime de soi. Les jeunes vont voir arriver des gens de la génération qui les précède obligés d’utiliser la deuxième partie de leur vie active en s’accomplissant dans un service offert à autrui. Et ils seront témoins que de telles personnes retrouvent l’estime d’elles-mêmes. Je pense que les générations qui arrivent vont changer la manière d’atteindre une bonne estime de soi-même.

Et puis il faut entendre que le monde de la récession est inévitable. Et qu’il va falloir apprécier cette décroissance. Pendant tout un temps nous allons perdre l’inutile, le superficiel, et il nous faudra vivre la décroissance dans une espèce de règle où il faudra apprendre à déguster ce qui nous reste plutôt que souffrir ce que nous perdons. Puis, dans un second temps, on va atteindre une décroissance qui, pour chacun de nous, sera douloureuse à un endroit donné de nos pertes. Et là, à mon avis, d’une manière naturelle, chacun sera interpellé sur la valeur des choses auxquelles il est attaché. Qu’est-ce qu’il pourra y gagner, en les perdant ? Globalement, cette crise aura deux temps : le temps des pertes pour apprendre à profiter de ce qui reste, et le temps des pertes douloureuses pour nous poser de grandes questions philosophiques. Malheureusement, tout cela va être faussé -et cela a déjà commencé- par une manipulation mélodramatique de l’information de la part des medias. Lire le reste de cet article »

Pour fêter les 1 an de ce blog je vous offre ce poème!

Samedi 1 novembre 2008

Des songes heureux pour ensemencer les siècles…
Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.
Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création.
Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière.
Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.
Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don.
Sachez établir la mesure de toute chose.
Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.
Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre.
Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore.
Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles.

Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995

CHANGEZ TOUT

Mardi 13 mai 2008

Je veux aller où l’air est plus doux,
Où la colombe vole en-dessous,
Où le printemps entre un jour comme un fou,
Vous saisit au revers,
Au détour d’un chemin vert
Et vous dit : “Ca va pas comme ça.
Changez tout, changez tout.
Vot’monde ne tient pas debout.
Changez tout, changez tout, changez tout.”

Je veux aller dans l’après-midi
D’un jour où rien n’est interdit,
Où le bonheur, sans faire de comédie,
Vous salue sans manières
Et vous parle à cœur ouvert
Et vous dit “Qu’est-c’que t’as bien fait
D’changer tout, changer tout,
Pour une vie qui vaille le coup.
Changez tout, changez tout, changez tout.

Changez tout, changez tout.
Qu’est-ce que vous feriez sans nous ?
Après tout, changez tout, changez tout.

Changez tout, changez tout,
Pour une vie qui vaille le coup.
Changez tout, changez tout, changez tout.”


Michel Jonasz