Archive pour octobre 2010

La RéAlliance

Jeudi 28 octobre 2010

Trois visions de l’individu inspirent nos comportements sociaux depuis plus d’un demi-siècle : le «nous» de la Tradition, le «je» de la Réussite matérielle, et le «moi» de l’Expression personnelle. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Un nouveau modèle d’individu, moins égocentré et plus conscient des interdépendances, est en train de se former sous nos yeux : le «moi-nous» de la Ré-alliance.
Mobilisation écologique, réseaux sociaux, projets solidaires, recherche de sens, réhabilitation du coeur et aspiration à se rendre utile - l’individu contemporain se réinvente des liens collectifs, plus coopératifs, plus engagés, plus constructifs, et élargis à un horizon beaucoup plus vaste.
Qu’est-ce donc que la Ré-alliance ? Qu’apporte-t-elle à notre vie quotidienne ? Et quelle place prend-elle face aux trois autres visions toujours actives dans notre société ?

Françoise Bonnal, experte du consommateur et des marques au sein des plus grands groupes internationaux de publicité pendant plus de trente ans, a été directrice du département des Études sociologiques de la Sofrès, DGA de l’agence de publicité DDB, présidente fondatrice de Brand & Business Consulting, et Executive Vice-Présidente du groupe de communication DDB Worldwide.

Extrait du livre :
Il y a une vie après et à côté de l’individualisme

HARO SUR L’HYPERINDTVIDUALISME

La libération de l’individu, rêve et moteur de tous les combats, débouche aujourd’hui sur la remise en cause de son aboutissement logique : l’individualisme. L’individu contemporain, libéré des chaînes de la tradition, de la pénurie et du totalitarisme, ne serait pas l’homme nouveau des utopistes. Empêtré dans la spirale sans fin de désirs fabriqués, observateur désabusé de «la fin des idéologies», «consommateur schizophrène» doublé d’un citoyen «défiant», il ne jouit que d’un «bonheur paradoxal» qui fait, par ailleurs, le malheur de la planète et du reste de ses habitants. N’y aurait-il que cela au bout du chemin, l’échec de l’homme occidental et une triste fin de l’histoire ?
Depuis l’après-guerre, les sociologues, et en particulier David Riesman, ont repéré plusieurs visions successives de l’individu et de son rapport à la société : la vision «Tradition», où il est membre déférent du «nous» de sa communauté ; la vision moderne de la «Réussite matérielle», où il s’en libère, s’affirme «je» et s’acharne à réussir socialement ; la vision postmoderne de l’«Expression personnelle», où il ne veut plus devenir que lui-même, «moi», explorateur de sa singularité et créateur de sa propre vie. C’est cette dernière vision très personnelle, inaugurée par les mouvements étudiants des années 1960-1970 et exacerbée en hyperindividualisme aujourd’hui, qui est la cible des critiques et fait figure d’impasse.

Livre de Françoise de Bonnal